Gone, Baby Gone ![]()
Prières pour la pluie ![]()
Mystic River ![]()
Shutter Island ![]()
Un pays à l'aube ![]()
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Avant-goût :
La petite Amanda a disparu... Patrick Kenzie et Angela Gennaro, détectives privés, sont recrutés pour la retrouver...
Critique :
Comment traiter un sujet tel que la pédophilie sans tomber dans les clichés ou l'horreur? Dennis Lehane le fait en utilisant sa puissante force d'évocation et son indéniable maîtrise des ressorts des sentiments humains. Plutôt que de centrer son intrigue sur les sevices que la petite fille subit peut-être, il préfère (heureusement !) la centrer sur l'enquête faite par Pat Kenzie & Angie Gennaro (ses détectives privés récurrents) accompagnés de deux enquêteurs de la police.
L'intrigue est a priori simple mais il ne faut pas oublier que c'est Dennis Lehane qui distribue les cartes et les rebondissements s'enchaînent jusqu'à mystifier totalement le lecteur qui n'aura rien vu venir...
Les personnages sont absolument brillants, très réalistes ils amènent le lecteur à se mettre tour à tour à leurs places et à se demander "à sa place qu'est-ce que j'aurais fait?". A chaque fois la décision prise par le protagoniste est logique par rapport à son caractère.
La fin n'est absolument pas une happy end puisqu'elle est doublement triste à cause des choix fait par certains personnages...
Finalement Gone, Baby Gone est un grand roman noir porté par des personnages dont la psychologie est remarquable par sa finesse. Toutefois l'intrigue demeure relativement complexe, peut-être trop.
Note : ![]()
Adaptation au cinéma : en 2007 par Ben Affleck. L'adaptation est peu fidèle au niveau de l'intrigue mais respecte parfaitement la psychologie des personnages.
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Avant-goût :
Karen Nichols est une jeune femme à la vie tranquille jusqu'au jour où elle est victime d'harcelement, elle s'adresse donc à Patrick Kenzie et Bubba Rogowski, spécialistes des affaires de ce genre... Mais le mal est toujours plus profond qu'il n'y paraît...
Critique :
Prières pour la pluie est le 5eme polar de la série Kenzie-Gennaro, donc le contexte est totalement différent d'un Shutter Island ou d'un Mystic River... Tout est différent mais reste excellent. L'ambiance est toujours noire, mais elle est atténuée par les personnages principaux qui n'hésitent pas à faire de l'humour. Lesdits personnages sont globalement plus typés, à la limite de la caricature avec Bubba le gros bras sans cerveau et Patrick l'intelligent charmeur. Néanmoins les dialogues sont tout à fait savoureux et l'intrigue n'est pas mise de côté. En effet elle est beaucoup plus compliquée qu'on ne le croit de prime abord. Elle réussit aussi à être originale sans être trop complexe. En fait cette série fait penser à celle des Myron Bolitar d'Harlan Coben, mais ici tout est plus noir : les personnages, l'intrigue et aussi l'humour.
Pour résumer ce livre est un mélange très subtil alliant des personnages attachants à une bonne intrigue parsemée d'humour noir. Un très bon moment de lecture.
Note : ![]()
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Avant-goût :
Dans les Flats, quartier populaire de Boston, deux flics emmènent Dave Boyle dans leur voiture devant ses deux amis : Sean Devine et Jimmy Marcus. Il existe des blessures qui ne cicatrisent pas, même 25 ans après les faits ...
Critique :
Dennis Lehane a un don, celui de peindre les sentiments avec justesse ce qui n'est pas chose aisée sans sombrer dans le ridicule. Ainsi lorsqu'un personnage crie de souffrance et de désespoir, on le comprend et on a envie de crier avec lui. Les personnages sont très bien décrits avec leurs parts d'humanité, de doutes, de forces et de conflits. Le lecteur partage tout avec eux dans le bonheur et dans la douleur, grâce au talent de Dennis Lehane pour les dialogues qui font toujours mouche et pour son sens de la narration remarquable. La grande force de ce roman réside donc dans la profondeur des personnages mais aussi dans la réflexion de Dennis Lehane sur le bien et le mal, sur ce qui compte vraiment dans les aléas de la vie...
"Mystic River" apparait donc comme un immense roman noir, un de ceux qui vous prennent aux tripes et qu'on repose avec le sentiment d'avoir lu un chef d'oeuvre du genre...
Note :![]()
Analogie avec le film : Mystic River fut adapté en 2003 par Clint Eastwood sous le même nom. L'adaptation est une vraie réussite, en deux heures, Clint Eastwood retranscrit parfaitement l'univers créé par Dennis Lehane en respectant à la lettre l'intrigue et même certains dialogues. La réalisation est classique mais correspond tout à fait au style de Dennis Lehane. En bref c'est une adaptation à ne pas manquer.
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Avant-goût :
Teddy Daniels et Chuck Aule sont deux marshals envoyés à la recherche d'une disparue sur l'île de Shutter Island, là où se trouve l'hôpital psychiatrique d'Asheclife, établissement réputé pour accueillir les pires pensionnaires : les détraqués mentaux meurtriers ...
Critique :
Shutter Island est remarquable pour son suspense qui s'intensifie au fur et à mesure qu'on tourne les pages alors même que le rythme n'est pas des plus haletants... L'île, inquiétante en elle-même dans la présentation qui en est faite, est rendue encore plus sombre par les événements qui s'y déroulent, avec des personnages plus intriguant les uns que les autres. Qui joue un rôle ? qui dit la vérité ? Telles sont les questions que le lecteur se posera sans cesse jusqu'au dénouement final, percutant.
Dennis Lehane réussit avec Shutter Island un véritable coup d'éclat, il signe un roman noir dont on se souvient longtemps après l'avoir terminé. D'autant plus que la fin magistrale laisse le lecteur interpréter ce qu'il a lu, et tirer ses propres conclusions...
Note : ![]()
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Résumé de l'éditeur :
L’Amérique se remet difficilement des soubresauts de la Première Guerre mondiale. De retour d’Europe, les soldats entendent retrouver leurs emplois souvent occupés par des Noirs en leur absence. L’économie est ébranlée, le pays s’est endetté et l’inflation fait des ravages. La vie devient de plus en plus difficile pour les classes pauvres, en particulier dans les villes. C’est sur ce terreau que fleurissent les luttes syndicales, que prospèrent les groupes anarchistes et bolcheviques, et aussi les premiers mouvements de défense de la cause noire.
En 1918, Luther Laurence, jeune ouvrier noir de l’Ohio, est amené par un étonnant concours de circonstances à disputer une partie de base-ball face à Babe Ruth, étoile montante de ce sport. Une expérience amère qu’il n’oubliera jamais.
Au même moment, l’agent Danny Coughlin, issu d’une famille irlandaise et fils aîné d’un légendaire capitaine de la police de Boston, pratique la boxe avec talent. Il est également chargé d’une mission spéciale par son parrain, le retors lieutenant McKenna, qui l’infiltre dans les milieux syndicaux et anarchistes pour repérer les "fauteurs de troubles" puis les expulser du territoire américain.
A priori Luther et Danny n’ont rien en commun. Le destin va pourtant les réunir à Boston en 1919, l’année de tous les dangers. Tandis que Luther fuit son passé, Danny cherche désespérément le sens de sa vie présente, en rupture avec le clan familial. Dans uen ville marquée par une série de traumatismes, une ville où gronde la révolte, la grève des forces de police va mettre le feu aux poudres...
Critique :
Tout d'abord "Un pays à l'aube" est très éloigné de tout ce que Dennis Lehane a écrit auparavant mais on retrouve tout de même sa patte si caractéristique...
On retrouve ainsi son sens de la narration, formidable, qui maintient tout au long du roman l'attention du lecteur. Dennis Lehane a du souffle et sur plus de 750 pages (tout de même !) le rythme ne faiblit jamais, atteignant parfois des sommets pour revenir ensuite à sa vitesse de croisière...
Les dialogues sont magnifiques eux aussi, toujours justes et crédibles, ils donnent de la vie aux personnages et à ce propos l'excellentissime traduction d'Isabelle Maillet est à souligner.
Voilà qui nous amène à évoquer les personnages. Sur toute la pléiade de personnages, un seul ne m'a pas convaincu : Babe Ruth la star du baseball. Il apparait comme sans relief, se laissant porter par les événements il n'évolue pas et à mon avis il n'était pas nécessaire à l'histoire. Tous les autres personnages sont grandioses, à commencer par Danny Coughlin, le flic qui prend peu à peu la tête du Boston Social Club le "syndicat" de la police de Boston et qui les amènera à la grève. Ses relations avec sa famille se dégradent inexorablement, et sont passionnantes, poignantes à suivre. L'autre personnage extrêmement fort du roman est le noir Luther Laurence qui n'arrête pas de s'attirer des ennuis, quoi qu'il fasse, et surtout parce qu'il est noir.
Les seconds rôles sont aussi réussis que les premiers rôles avec les très beaux personnages de Nora, Joe Coughlin, Thomas Coughlin, Eddy McKenna et tant d'autres encore.
En outre, "Un pays à l'aube" explore toute une ville, Boston, et par la même occasion tout un pays, toute une époque. Un des thèmes les plus abordés dans le roman est celui du syndicalisme. Le syndicalisme qui apparait à l'époque est considéré comme un crime, un manque de patriotisme. Les grévistes sont considérés comme des bolchéviks, des anarchistes, des ennemis de l'Amérique. En particulier les flics grévistes, des hommes qui se plaignent d'être sous payés (en dessous du seuil de pauvreté), de travailler trop (plus de 70 heures par semaine), d'avoir des locaux insalubres (infectés de rats et de maladies)... Dans la première partie du roman la grippe espagnole tient une bonne place, avec tous les ravages qu'elle provoque, tous ces morts qu'elle charrie. La question des noirs et du racisme est largement présente elle aussi, via le personnage de Luther qui s'en cesse voit tout ce que les noirs ne peuvent pas faire, comme parler avec un blanc sans dire "oui patron", comme être vu dans la rue avec une blanche par exemple. "Un pays à l'aube" montre ces noirs qui se battent, se révoltent, comme à Chicago ou encore ces noirs qui réussissent à vivre en paix avec les blancs à Tulsa... Ce roman c'est aussi un millier d'autres petites choses importantes qu'on se doit de ne pas oublier.
Au final, "Un pays à l'aube" est un roman époustouflant, une réussite grandiose sur tous les tableaux.
Citations choisies :
"comment avait-il pu côtoyer cet homme presque toute sa vie sans jamais vraiment faire attention à lui?
A son tour il jeta une poignée de terre sur le cercueil.
Parce que Avery Wallace était noir. Voilà pourquoi." p.152
"ce qui nous façonne c'est aussi ce qui nous fait mal" p.160
"Le grand amour, on le reconnait toujours quand il n'est plus là" p.160
"Les hommes sont doués pour beaucoup de choses, Luther, mais il n'y en a pas un qui sache déchiffrer le coeur d'une femme" p. 303
"Un artisan [...] c'est quelqu'un qui vit de la rencontre entre le travail et l'amour"p.323
"-Tu sais on peut avoir deux familles dans la vie, avait déclaré Danny. Celle qui t'a donné le jour et celle que tu te crées.
-deux familles, hein? avait répété Joe en le dévisageant.
-c'est ça. Tu es lié par le sang à la première et tu ne peux jamais l'oublier. C'est une partie de toi. L'autre, tu la trouves toi-même. Par hasard des fois. Et cette famille-là compte autant que la première. Peut-être même plus, parce qu'elle n'est pas obligée de t'élever ni de t'aimer. Elle et toi, vous vous choisissez." p. 562
"t’es un non-Américain né en Amérique et qui sera jamais, jamais un Américain"
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Harlan Coben / Michael Connelly / Arnaldur Indridason / Henning Mankell
Ken Bruen / Andrea Camilleri / Michael Koryta / Jeff Lindsay / Jo Nesbo
James Lee Burke / Antoine Chainas / James Ellroy
Caryl Ferey / Margot D. Marguerite / Sam Millar / Claude Marker
2. jeanjean Le 14/01/2009 à 15:01
1. steph Le 15/09/2008 à 16:43